Roule Galette

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Chaque semaine , un album favori d'un membre de Saravadio

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Roule Galette #25 - MOVIETONE, peel sessions (2022, Textile)

Cette semaine dans Roule Galette, Je vous propose un album un peu plus récent que d’habitude puisque sorti en 2022 .  Oui , nous ne sommes pas que des passéistes , adeptes du c’était  mieux avant , il nous arrive encore d’acheter ou d’écouter des disques récents , même si , nous devons bien l’avouer, l’actualité a une sérieuse tendance à  un formatage qui nous laisse globalement indifférent .Appelez cela le syndrome du vieux con si  vous le souhaitez, peu importe . 

Nous voici donc avec un disque sorti en 2022 chez textile records mais qui s’occupe d’une période qu’on chérit particulièrement , celles des années 90  avec les Peels sessions de Movietione . 

Vous pensiez bien qu’il y aurait un piège !!! 

Au milieu des années 1990, alors que la Grande-Bretagne est dominée par l’exubérance médiatique de la Britpop, une poignée de groupes de Bristol développe à l’écart une scène musicale radicalement différente. Discrète, expérimentale et profondément indépendante, elle repose moins sur un style commun que sur une sensibilité partagée, nourrie par des liens d’amitié, une géographie commune et une approche intuitive de la création. Au centre de ce réseau se trouvent plusieurs formations étroitement liées — Movietone, Flying Saucer Attack, Crescent ou encore The Third Eye Foundation — qui formeront l’un des noyaux les plus singuliers du DIY britannique des années 1990.

L’histoire commence à Bristol, autour de Kate Wright, Rachel Coe et Matt Elliott, qui se rencontrent au Cotham Grammar School. Très vite, les répétitions improvisées dans un cabanon de jardin donnent naissance à leurs premiers projets musicaux. Dans cet environnement où personne ou presque ne lit la musique, les morceaux se construisent de manière intuitive, à partir d’images, d’atmosphères ou de sensations évoquées par Wright pour orienter les arrangements. Les références sont multiples — folk anglais, jazz, expérimentations sonores, poésie beat — mais la démarche reste instinctive et collective.

Formé au milieu de cette constellation d’amis musiciens, Movietone développe un langage musical très personnel : une musique lente et atmosphérique où les guitares fragiles, les cordes, la clarinette ou les textures improvisées se mêlent à la voix délicate et énigmatique de Kate Wright. Les influences peuvent rappeler par moments la lenteur mélancolique de Galaxie 500, la retenue du troisième album de The Velvet Underground ou certaines formes de folk minimaliste, mais le groupe reste difficile à situer dans un courant précis.

Autour d’eux gravite toute une communauté créative. David Pearce fonde Flying Saucer Attack, projet mêlant folk pastoral et guitares saturées enregistrées sur quatre pistes, tandis que Crescent, mené notamment par Matt Jones, développe un rock expérimental austère  qu’on espère vous faire découvrir à l’occasion d’un autre épisode de roule galette . De son côté, Matt Elliott s’oriente vers des paysages sonores plus sombres avec The Third Eye Foundation, influencés par le dub, le trip-hop et la drum & bass qui imprègnent la ville de Bristol.

Dans ce contexte foisonnant, Movietone enregistre plusieurs sessions pour l’émission radio de John Peel sur BBC Radio 1 entre 1994 et 1997. Ces enregistrements capturent le groupe à un moment charnière de son évolution : une formation encore proche de ses origines DIY, mais déjà engagée dans un processus d’expérimentation sonore qui caractérisera ses albums suivants.

Plus largement, l’histoire de Movietone et de leurs contemporains illustre une autre facette de la musique britannique des années 1990 : un réseau souterrain d’artistes travaillant en marge des tendances dominantes, privilégiant l’intuition, les collaborations et des méthodes d’enregistrement souvent rudimentaires. Cette approche — parfois jusqu’à enregistrer en extérieur pour capter les sons de l’environnement — a contribué à produire une œuvre qui, loin des modes de son époque, semble aujourd’hui totalement intemporelle.

Cette semaine, nous écoutons les Peel Sessions de Movietone, révélant l’évolution du groupe entre 1994 et 1997. Lundi, « Mono Valley » montre déjà leur esthétique : voix de Kate Wright intégrée, rythmique discrète et superposition instrumentale, avec un geste sonore saisissant, le verre brisé. Mardi, « Stone », plus noise et abrasif, renvoie aux racines lo-fi du groupe, à l’époque de Lynda’s Strange Vacation.

Mercredi, « Chocolate Grinder », futur « Night of the Acacias », illustre le style mature de Movietone : tempos hypnotiques, structures ouvertes et influence dub. Jeudi, « The Voice Came Out of the Box and Dropped into the Ocean», futur « Useless Landscape », met en avant leur approche minimale et impressionniste, où instruments et voix circulent librement.

Enfin, vendredi, « Hydra», enregistré en 1997 et repris sur The Blossom Filled Streets (2000), montre l’esthétique aboutie : instrumentation aérée, instruments acoustiques et piano, atmosphère contemplative, proche de sa version définitive.

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Roule Galette #24 - The HOUSEMARTINS , Now that's what i call quite good (1988 Go! discs)

Cette semaine, une fois n’est pas coutume , nous ne célébrons pas un album , mais une compilation . Et qui plus est , une compilation  posthume  : Now, that’s what i call quite good des housemartins . 

Les Housemartins s’ils restent relativement peu connus en France est un groupe britannique qui a marqué la seconde moitié des années 80 avec un son unique mêlant pop mélodique, soul et gospel, tout en inscrivant leur musique dans un contexte social très précis.

 Formé à Hull en 1983, le groupe est composé de Paul Heaton (chant), Stan Cullimore (guitare), Norman Cook (basse, futur Fatboy Slim) et Hugh Whitaker (batterie).

Leur musique reflète  le contexte des années 80 en Angleterre : une société sous Thatcher, marquée par des inégalités et des tensions sociales , notamment la grève des mineurs de 1984  . Musicalement , ils sont des contemporains  des Smiths, avec qui ils sont souvent comparés. Mais là où les  Smiths explorent une mélancolie urbaine et froide, les Housemartins apportent une chaleur et un souffle humain grâce à leur inspiration gospel et soul, créant un contraste étonnant avec leurs paroles parfois sociales ou ironiques.

Leur album et singles regorgent de petites merveilles : Think for a Minute, par exemple, n’est pas un morceau énergique mais une réflexion mélancolique sur l’apathie et la déconnexion des gens autour de soi, un appel à s’arrêter, observer et réfléchir qui ne peut faire qu’écho à Saravadio . Les chansons combinent humour, conscience sociale et tendresse, ce qui peut expliquer leur originalité et leur influence durable.

Les Housemartins se font surtout connaître grâce à leur troisième single Happy Hour (1986), qui leur donne une visibilité importante dans le circuit pop britannique.

Mais c’est avec Caravan of Love (1986), une reprise a cappella des Isley-Jasper-Isley, qu’ils atteignent la consécration : leur unique  numéro un au Royaume-Uni. Ce morceau est entièrement chanté, avec des claquements de doigts pour le rythme et une influence gospel très marquée. 

Aucun instrument ne joue ici : c’est la voix qui porte tout le morceau, et l’effet est saisissant, presque intemporel. Caravan of Love est devenu un symbole de fraternité et de solidarité, un hymne simple et direct qui tranche avec le reste de la pop de l’époque.

Le groupe se distingue aussi par son engagement politique et social , à l’instar de ses contemporains tels Billy Bragg , Bill Pritchard ou encore les Redskins . Paul Heaton et ses partenaires abordent dans leurs chansons des thèmes comme l’injustice sociale, la pauvreté et la solidarité, tout en gardant un ton accessible et mélodique. Leur discographie est courte mais intense (2 albums et une dizaine de singles)  et même après leur séparation en 1988, Paul Heaton continuera à marquer la scène britannique avec les Beautiful South et ses projets solo. Norman Cook quant à lui deviendra célèbre grâce à Beats international puis sous le pseudo de Fatboy Slim. 

Les morceaux que nous allons écouter cette semaine reflètent bien cette double identité : mélodique, réfléchie, parfois humoristique, et toujours empreinte de cette âme gospel/soul qui fait la signature du groupe. 

Cette semaine dans Roule Galette, on écoute cinq morceaux des Housemartins, groupe anglais des années 80 à la croisée de la pop et de la soul. On commence avec Happy Hour, qui derrière son rythme joyeux dénonce le harcèlement des femmes et le malaise social dans les pubs britanniques, reflet des observations de Paul Heaton. Flag Day, leur premier single, mêle humour et critique sociale, en montrant la différence entre bonnes intentions et actions concrètes pour aider les autres. Avec Think for a Minute, le groupe observe le déclin de la convivialité et de la solidarité, invitant à s’arrêter pour réfléchir aux transformations de nos relations quotidiennes. He Ain’t Heavy, He’s My Brother, reprise emblématique, célèbre la fraternité et l’entraide, rappelant que porter quelqu’un n’est jamais un véritable fardeau. Enfin, Caravan of Love transforme la reprise des Isley-Jasper-Isley en gospel minimaliste a cappella, où les voix seules transmettent un message d’unité, de solidarité et de critique sociale, évoquant l’Angleterre des années Thatcher. Ces cinq titres montrent la capacité des Housemartins à combiner mélodie, émotion et engagement dans des textes qui restent profondément actuels.

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Roule Galette #23 - PIERRE VASSILIU , voyage ( 1975, Barclay)

Salut à toutes, et tous .

Cette semaine dans roule  Galette , je vous propose de découvrir ou redécouvrir l'album voyage de Pierre Vassiliu. 

J’ai longtemps hésité pour ce nouveau roule galette :  pas par rapport au disque en lui-même , mais parce que je pensais mettre en avant  une des deux compilations parues chez Born bad à la fin des années 2010 pour évoquer le moustachu et dont les éléments biographiques seront en partie utilisés pour évoquer l’artiste . 

C'est également  par l'intermédiaire d’une compilation que j'ai découvert Pierre Vassiliu ,  une compilation en cassette parue chez universal dans la série Master série. 

C’était au milieu des années 80. L'artiste n'était plus  trop connu mais quand j'ai découvert cette cassette, je me suis rendu compte que beaucoup de titres m’étaient familiers et que si aucun n’avait  eu le succès de qui c’est celui-là , il restait malgré tout beaucoup de titres connus : amour amitié, j’ai trouvé un journal dans le hall de l’aéroport, l’incroyable film , je lui téléphone … On ne  peut pas vraiment parler d’un one hit wonder . Vassiliu a toujours été là , sans l’être, en dilettante, faisant quelques réapparitions à l’occasion de sorties de 45 tours , tentant de relancer une carrière par essence chaotique . 

Dans la biographie qui accompagne la sortie chez Born Bad , on parle de malentendu. En ce qui concerne pierre Vassiliu, c'est effectivement bien vu . Sa carrière , a marché , un peu à la manière d’un Jean claude Dusse . 

Pierre Vassiliu est généralement connu par beaucoup pour  ce tube de 1973 , la reprise de Chico Buarque .

C’est bien évidemment réducteur , d’autant plus quand on sait que cette chanson , à la base , était destinée à être la face B du 45 tours , Film , incroyable déambulation en talk over dans le bois de Boulogne , qui lui vaudrait en 2026 une manif de wokiste, ou pire le soutien des fans de Pascal Praud arborant un T shirt « on ne peut plus rien dire » .

Vassiliu a démarré sa carrière aux débuts des années 60 , à contre courant de la vague Yéyé , dans un registre chanteur comique , amoureux des rimes grivoises , amoureux de Brassens et Boby Lapointe . 

Au début 70 , il signe chez Barclay son premier album , dans un registre plus personnel , Amour amitié  , principalement à la guitare acoustique , qui l’éloigne de son image de chanteur comique . Un second suit en 72 , Attends , plus varié , avec un titre brésilien qui préfigure la reprise de Chico Buarque . Musicalement , on peut voir des points communs avec William Sheller ou Veronique Sanson , dans les arrangements . L’album ne marche pas plus que le précédent .Barclay  le contraint alors   à sortir des singles .

Puis en  73 ,arrive le tube , qui c’est celui là , vendu à plus de 300 000 exemplaires qui le replace à nouveau dans ce registre de chanteur comique   . La maison de disque sort un peu en catastrophe, un album Je suis un pinguouin  , en fait , plutôt une compilation  constituée de 45 tours de l’époque .  Ce succès imprévu , permettra à Vassiliu de continuer à vivre sereinement , comme il avait commencé déjà à le faire, dans sa maison , dans le lubéron , où amis , femmes , gens de passages , musique , alcool  et drogues  ,   forment un quotidien , assez symptomatique des années 70 . 

L’album voyage parait en 1975  , après une période gueule de bois qui fait suite au succès imprévu  , avec une pochette de Jean Michel Folon . A l ‘intérieur , on aperçoit Vassiliu , en tenue d’Adam , scrutant l’horizon désertique .  Si les textes peuvent questionner au regard de notre vision de la société et des rapports hommes femmes ,  en 2026  , ils doivent forcément être recontextualiser  dans cette période . Par ailleurs d’autres textes de Vassiliu pourraient totalement servir de contre exemples à ses éventuels détracteurs (comme pourquoi , le vent souffle où il veut et quand il veut , alentours de lune )   

L’album est enregistré en avril 75 , au studio B  chez Barclay , en compagnie d’Olivier  Bloch lainé ( déjà repéré chez Brigitte Fontaine ) Patrick Beauvarlet , choriste d’Yves Simon , ici à la batterie et par ailleurs auteur d’un disque très réussi en 1976 intitulé Quelle Belle soirée ( on ne sait pas s’il s’agit d’un hommage à Michou !! ) , Claude Engel et son frère Marcel , Claude a notamment réalisé plusieurs albums avec Gotainer , a joué dans Magma et avec Bernard Lubat , amis aussi dans Rosebud avec Jean Schulteis et Georges Rodi  .Ce meme George rodi qu’on retrouvera plus tard dans Arpadys assure les claviers . 

Musicalement , c’est assez varié , allant du funk de Herbie Hancock aux rythmes latins en passant par le magnifique le vent souffle ou il veut et quand il veut au piano ., mais laissons vous découvrir ceci , car comme on l'entend  dans la bande originale du film UNE FILLE ET DES FUSILS :

« De toute façon la musique , c’est fait pour être écouté, c’est pas fait pour en parler ...dont acte . On en écoute donc 5 titres . 

On démarre la semaine avec le titre d’entrée , Pierre Bats ta femme . En guise d’ouverture d’album , un jingle annonce, un voyage  imprévu avec Pierre Vassiliu . 

On peut entrendre le chanteur avec sa troupe dans un train après une nuit qu’on imagine visiblement éthylique et enfumée . Arrive sur cela un des morceaux les plus ouvertement funk de sa discographie , avec un clin d’oeil très appuyé à Herbie Hancock . Le Groove est imparable , Pierre Vassiliu raconte comment  , en rentrant ( tard forcément) chez lui il découvre la maison vide , sa femme l’ayant quitté pour suivre l’huissier , et les choeurs  de répondre, Pierre Bats ta femme , détonnant avec le thème du mari abandonné. Avant tout procès qui pourrait être fait à la radio pour diffusion de ce titre, nous tenons à recontextualiser ce titre pour en saisir le 25ème degré . Il va sans dire que nous ne prônons à aucun moment la violence conjugale , d’ailleurs, tous les titres de l’album de Pierre Vassiliu sont crédités au nom de son épouse de l’époque , Marie . 

On poursuit le voyage de Pierre Vassiliu avec ce Monsieur j vous sers quoi , samba halte dans un buffet de la gare où  Vassiliu  joue un serveur nazillard , dépassé par la folie ambiante  de cette tablée joyeusement bordélique . 

Puis,   déshabille toi  . « Déshabille-toi » est un exemple du ton décalé et humoristique de Vassiliu dans les années 70. La chanson raconte une rencontre amoureuse, avec des dialogues et situations volontairement exagérés . A celles et ceux qui crieraient à la phallocratie , rappelons que l’album , est entièrement crédité à sa compagne de l’époque,  Marie Vassiliu . Voilà , qui vient un peu complexifier la compréhension du personnage . 

Ensuite , seul . balade qui évoque l’incommunicabilité dans le couple ,  comment faire face à  un homme qui s’enferme dans ses pensées et ses actes ,  devant sa compagne impuissante  ,elle ne le comprend plus , un texte qui laisse présager de sa future rupture avec Marie . 

Pour finir l’écoute de cette album , le magnifique Le vent souffle ou il veut et quand il veut , magnifique déclaration d’amour . Dans un couple qui vacille , 

Le titre reprend une image célèbre de l’Évangile selon Jean (3:8) : « Le vent souffle où il veut… », symbole de liberté et d’incontrôlable. Pierre Vassiliu l’utilise ici pour évoquer le destin, les forces de la vie et l’imprévisibilité des chemins que nous suivons.

Dans la chanson, il s’adresse à Marie, sa compagne à l’époque, et parle de leur vie à deux, de leurs enfants et des moments partagés. Les paroles capturent un instant d’intimité et de tendresse, tout en laissant transparaître la conscience que la relation ne durera pas.

C’est une déclaration d’amour poétique et lucide, méditative et poignante, qui combine complicité, mélancolie et acceptation des forces qui dépassent l’homme.

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Roule Galette #21 - TEENAGE FANCLUB, bandwagonesque (1991, Creation)

Je vais finalement finir par appeler cette chronique « j’avais tort Victor » (oui, j’ai beaucoup regardé Les Feux de l’amour !) plutôt que Roule Galette, tant la reconnaissance de mes erreurs passées sert d’intro à beaucoup de mes présentations.

Roule Galette, cette semaine, est consacré aux Teenage Fanclub et à leur magnifique Bandwagonesque de 1991.

Quand je dis « erreur passée », n’allez pas croire par-là que je détestais ce disque à sa sortie, loin de là !!! C’est même un disque que j’ai énormément écouté à l’époque, à tel point que j’avais plusieurs T-shirts du groupe, et que l’un d’eux a même fini sur les épaules d’un de mes anciens élèves dans le cadre d’une série de romans-photos que nous avions créée ensemble à l’époque ; ce qui a toujours tendance à me faire sourire. J’espère que ça a poussé certains à écouter le groupe !

Il faut dire qu’il n’était pas rare que, pendant la récréation, je parle à mes élèves en leur demandant ce qu’ils pensaient du dernier album de Labradford ou de Teenage Fanclub. Ça avait toujours quelque chose de drôle de voir leur réaction face à un adulte supposé être un référent et qui agissait comme une espèce d’adolescent attardé. Je les ai quand même bien bassiné avec mon space rock, Mogwai, les Cranes ou autre Placebo.

Peut-être était-elle là, cette erreur passée… Avec le recul, je ne le pense pas. Dussé-je être mis au pilori de « bien-pensants zemmourristes » qui crieraient au scandale de grand remplacement variétoche par une musique décadente, même pas française. Si c’est ça, c’est décidément pas une erreur !!!

Non, si j’évoquais l’erreur, c’est celle qui m’a tenu éloigné de la ressortie des Teenage Fanclub en vinyle lorsque je tenais mon magasin.

Bien évidemment, je n’avais pas raté les sorties des premiers albums, mais je regardais ça avec une certaine incompréhension : racheter un disque en vinyle alors que je l’avais déjà en CD… J’ai laissé cela aux quelques clients intéressés et ai récupéré une partie de ces disques au moment de la fin du magasin et, bien évidemment, Bandwagonesque ne figurait pas dans les reliquats. Je persiste toujours à croire que c’est le cas, mais, quand même, je ne boude pas mon plaisir lorsque je mets un disque sur la platine le dimanche matin… Et là, tout récemment, je me disais que Bandwagonesque, j’aimerais bien l’écouter en vinyle, tout en continuant à bosser sur d’autres trucs. Et j’ai justement trouvé une copie neuve encore moins chère que ce que je payais à Sony à l’époque pour le magasin.

Le résultat ??? Reçu ce matin, écouté 4 fois, 2 raquettes de badminton pétées en air guitar, des courbatures de partout, mais une BANANE que je n’avais pas eue depuis bien longtemps !

Quel disque ! Seul December me paraît légèrement en dessous du reste, mais chaque morceau est prétexte à une nouvelle frénésie d’air guitar prépubère…

J’ai trouvé un remède contre mon arthrose et ma neurasthénie. Écouter Bandwagonesque et se rêver à croire qu’on a encore 23 ans !

Certes, c’est de courte durée, mais, bon, étant donné le peu de sources de contentement en ce moment, je dois bien avouer que je PRENDS ! Et que je vous les prescris, par là même, pour cette semaine de Roule Galette !

Teenage Fanclub est un groupe écossais formé à Glasgow en 1989 par Norman Blake, Raymond McGinley et Gerard Love. Dès le départ, ils se sont fait remarquer pour leur son mélodique, mélange d’indie pop à la C86, de pop lumineuse, parfois de noisy pop, avec des guitares claires et des harmonies vocales directement inspirées de Big Star et des Beach Boys.

Leur troisième album, Bandwagonesque, est sorti en novembre 1991 sur Creation Records au Royaume-Uni, et sur Geffen aux États-Unis. Il a été enregistré à Liverpool avec le producteur Don Fleming, et représente un tournant dans leur son : chaque titre combine mélodie, énergie et texture sonore, donnant un ensemble cohérent et captivant, à la fois léger et puissant.

À sa sortie, l’album a été salué par la critique. La revue Spin l’a même élu Album of the Year 1991, devant Nirvana et R.E.M., soulignant l’impact qu’il a eu sur la scène indie et alternative.

L’album a ouvert au groupe une audience internationale, notamment aux États-Unis, où des singles comme Star Sign, What You Do to Me ou The Concept ont largement tourné sur les radios alternatives. Aujourd’hui encore, Bandwagonesque est considéré comme un classique de la pop alternative des années 90, mêlant énergie indie et harmonies soignées, et reste une référence pour de nombreux artistes à venir.

Cette semaine, dans Roule Galette, on a parcouru Bandwagonesque de Teenage Fanclub à travers cinq titres.

On a démarré avec Pet Rock, évidence immédiate, riff frontal, énergie brute, le disque qui s’ouvre sans demander la permission.

On a continué avec I Don’t Know, le seul titre signé Raymond McGinley, plus long, plus étiré, où le doute et l’hésitation s’installent sans jamais casser l’élan mélodique.

Puis Star Sign, sorti en single, morceau faussement léger, qui joue avec les signes, les superstitions et le quotidien, tout en laissant le temps faire son travail.

Ensuite Alcoholiday, écrit par Norman Blake, où l’incertitude sentimentale, la confusion et le flou intérieur s’expriment dans une forme plus introspective, sans perdre la tension ni la mélodie.

Et pour finir, Is This Music?, instrumental ironique et presque héroïque, qui referme l’album sur une question simple, mais définitive.